jeudi 29 mars 2012

Au Séquoia

Entre trois villes
Les âmes ont dansé,
Entre deux mondes
La raison a vacillé,
Entre deux racines
La sève est montée,
Et puis fougueusement,
Les branches se sont enlacées.
Les saisons jouent,
Les feuilles meurent,
La musique change,
L'aube épouse l'éclair,
Et l'arbre reste là,
Pour rappeler à l'éternité
Qu'on a rêvé l'émoi.





dimanche 29 janvier 2012

Venus in fears

Au son de la trompette,
Il effleure la tierce.
Majeure pure,
Mineure dure,
Tu la vois majeure,
Tu l'écoutes mineure
Et tu la sens ferveur...

Ils sont deux
On est trois

Au son de la trompette,
Au rythme de la peur,
La déperdition s'installe.
Tout se penche et plante ses ronces,
La poussée puis la fusion
Fuient la consonance absolue
Et la folie trépigne le voulu.

Ils sont un.

"Tu n'es rien!"

Je joue la tierce,
J'absorbe la gamme...

Toutes les intonations
Me remplissent les veines
Pour faire jaillir le son
Et donner la leçon suprême
A la fragilité domptée.

En inhalant tous les rôles,
J'ai défié ma folie.
Elle m'a tendu la main
et j'ai enfin réussi à improviser.

"Tu es seule!"

Ils ne font qu'un.

Au son de la trompette,
J'enfante l'accord parfait
Je souffle la grâce de mes larmes
Le rythme s'accélère
Et la musique en devient l'arme.

Tu es seul...

Je suis en toi.















jeudi 24 février 2011

Le Halo de l’ombre


Les spectres suivent l’ombre et s’en approchent

Lourdement…

Les années jouent aux échecs ,

Perdent la partie et la virginité

Pour mettre au monde de nouveaux spectres

Aussi oppressants que les précédents…

L’ombre rétrécit,

les fantômes courtisent la lumière,

Le silence devient abasourdissant

Et la solitude, malgré la foule, se révèle meurtière.

Discrètement, l’ombre range son ombre

Pour tenter de défier l’éclair,

mais son mutisme la rend plus sombre

et sa solitude la ronge tel un rat qui ne se lasse guère.

Sans le moindre bruit, elle se retire de la scène.

Elle s’enferme dans les coulisses et se démène :

Sa peur rougit, ses cris jaunissent,

Sa folie lui sourit et ses larmes fleurissent ,

et soudain...

la solitude, malgré la houle, se révèle salvatrice !

« Vous, spectres dansants,

Votre valse suivra désormais mes trois temps

Un temps pour la jouissance

Un deuxième pour la diligence

Et un dernier pour la révérence.

Partez là où nulle ombre ne pourra vous créer !

Valsez loin de ceux qui sont condamnés

A se priver de vivre faute de confiance ,

A enfanter les spectres de ce qu’ils auraient pu être,

Et puis à se souiller par leur propre poison ! »

Le cri envahit la salle

La lumière annonce le bal

Un

Deux

Trois

L’ombre prend forme

Puis porte sa voix

Et se met à composer des chemins

Aussi audacieux qu’une symphonie magistrale.

lundi 22 mars 2010

Lever du soleil sur Mon meurtre

...Et ce jour revient.

Le deuil,
Les angoisses,
Les douleurs s'étaient rencontrées,

Mais l'enfant est mort-né.

Elle s'était mise à nu sous le masque,
Autour des saveurs fondantes,
Soumise aux regards tactiles.

La passion épousait le Noir
pour décorer l'enfantement,
Mais l'enfant est mort-né.

Le soleil ne s'est pas levé.

...Et ce jour revient
et elle sourit.

Qu'est-il arrivé depuis?

Un peu moins de drogues,
un peu plus de mélancolie.
La paranoïa s'est mêlée à la phobie.

Et ce jour revient,
Elle s'en souvient,
et moi je souris.

mardi 5 janvier 2010

Citation du jour

La fragilité est attirante au départ mais devient lassante et repoussante quand on réalise qu'elle est réelle et durable.

De mes trots au métro

J'ai traversé la rue, j'ai aperçu le château. Je l'ai quitté pour aller ailleurs. Je me suis retrouvée dans une tour. Une tour enfermée, envahie de toiles d'araignées . J'ai réussi à la quitter pour aller ailleurs. Je me suis retrouvée dans un châtelet. Un châtelet étouffant et noir, envahi de toiles d'araignées. J'ai essayé à chaque fois d'aller ailleurs, au nord, à l'est, dans l'eau, à l'opéra mais je me perdais toujours dans l'angoissante toile d'araignée. Je suis retournée au château couvert de sang. J'ai traversé la rue. J'ai monté les escaliers et me suis encore retrouvée dans la cage. Une cage encastrée dans l'énorme cage envahie d'araignées.

mardi 11 août 2009

Une fin affamée

Douleur du bruit qui me quitte à tout jamais,
Lourdeur du silence qui me hante pour toujours.

Le suicide perfide
Empêche de fleurir...

Je m'emprisonne dans le refoulement,
Je m'assourdis par des cris et des pleurs.
Je vois la vérité autour de ce qui me ment,
Je frustre mes plaisirs et je nourris mes peurs.

Le suicide perfide
Empêche de dormir...

Se comdamner à rester un embryon,
Ne pas avoir la force de couper le cordon,
Jusqu'au jour où le cordon se transforme en corde.
Une corde au cou qui étrangle à tout jamais,
Une corde au cou qui libère pour toujours.

Le suicide perfide
Empêche de périr...

Je vis accompagnée d'une vicieuse folie
Je vis la nuit pour mourir le jour.
Nausée, mal qui s'écoule dans le drain,
Céphalée et venin,
Me volent ma vie tels des malandrins.

Le suicide perfide
M'empêche de mourir
et me torture en me prenant par la main.